Photo : La Madone de Edward Munch
…accumuler les lieux qui séparent mes bras des immensités bleues (Je t’adore à l’ égal – Baudelaire)
Plus la Femme l’ignore, indifférente jusqu’à la froideur, plus elle devient inaccessible, plus le Poète l’aime et en même temps s’en éloigne. La féminité serait représentée par les immensités bleues que ses bras ne peuvent atteindre, le corps du Poète est donc séparé d’elle.
mes yeux avaient vu,
et mes mains démesurées ont caressé l’ombre, de l’architrave dorique, sous l’aube rougeoyante: miraculum in excelsis homo…( Les fatrasies d’Eris – Mandin)
Mandin, vos mains démesurées prolongent votre regard et rejoignent dans l’ombre la vision lumineuse de la Femme qui ne fait que passer. C’est avec votre main que vous voyez maintenant et la caressez, vous l’effleurez à son insu dans le secret d’une église, commettriez-vous un sacrilège ?
Les bras de Baudelaire sont tendus vers son amour sans pouvoir l’atteindre, il assimile la beauté à la cruauté, à l’inaccessibilité dont il est tragiquement victime et impuissant.
Vos mains, elles, sont des extrémités caressantes. Vous effleurez la beauté et l’apprivoisez à son insu avec sensualité et malice, vous saisissez avec volupté l’instant magique. Pour les deux poètes, le caractère sacré de la Femme est présent : Baudelaire en l’adorant « Je t’adore à l’égal… », vous, en la considérant comme une offrande offerte au Poète, celui-ci étant l’égal d’un Dieu. Même vos doigts jouent une musique sacrée…
immobile,
la femme offerte aux lumières, de mes doigts organum, aux feux de mes yeux.
Vous jouez sur les contrastes, le sacré côtoie le profane, la douceur de la caresse tranche avec la passion de votre être qui se consume de désirs.

…accumuler les lieux qui séparent mes bras des immensités bleues (Je t’adore à l’ égal – Baudelaire)
Plus la Femme l’ignore, indifférente jusqu’à la froideur, plus elle devient inaccessible, plus le Poète l’aime et en même temps s’en éloigne. La féminité serait représentée par les immensités bleues que ses bras ne peuvent atteindre, le corps du Poète est donc séparé d’elle.
mes yeux avaient vu,
et mes mains démesurées ont caressé l’ombre, de l’architrave dorique, sous l’aube rougeoyante: miraculum in excelsis homo…( Les fatrasies d’Eris – Mandin)
Mandin, vos mains démesurées prolongent votre regard et rejoignent dans l’ombre la vision lumineuse de la Femme qui ne fait que passer. C’est avec votre main que vous voyez maintenant et la caressez, vous l’effleurez à son insu dans le secret d’une église, commettriez-vous un sacrilège ?
Les bras de Baudelaire sont tendus vers son amour sans pouvoir l’atteindre, il assimile la beauté à la cruauté, à l’inaccessibilité dont il est tragiquement victime et impuissant.
Vos mains, elles, sont des extrémités caressantes. Vous effleurez la beauté et l’apprivoisez à son insu avec sensualité et malice, vous saisissez avec volupté l’instant magique. Pour les deux poètes, le caractère sacré de la Femme est présent : Baudelaire en l’adorant « Je t’adore à l’égal… », vous, en la considérant comme une offrande offerte au Poète, celui-ci étant l’égal d’un Dieu. Même vos doigts jouent une musique sacrée…
immobile,
la femme offerte aux lumières, de mes doigts organum, aux feux de mes yeux.
Vous jouez sur les contrastes, le sacré côtoie le profane, la douceur de la caresse tranche avec la passion de votre être qui se consume de désirs.

Elisabeth Chaizemartin Chabrerie